Aly raconte

« Racines » de Lou Lubie

Couverture du livre, une femme nue (bras et jambe couvrant les seins et les parties génitales) avec la peau clair au centre avec des cheveux konyé qui partent de sa tête de tous les côtés

Il fallait que je souffle après “Detransition, baby” et, récemment, maon fiancé est rentré·e avec une pile de roman graphique qui incluait « Racines » de Lou Lubie. Et cette autrice, elle est vraiment pépite. J’en parlerai prochainement. Retournons sur Racines. Il s’agit d’un roman graphique qui n’est pas autobiographique, elle l’a assez répété sur les réseaux. Mais visiblement pas assez, car l’ouvrage est étiquetté comme tel sur Babelio.

Synopsis

Rose est tiraillée entre deux cultures : celle à laquelle elle voudrait appartenir, et celle que ses cheveux crépus trahissent. De coiffure en coiffure, elle sera prête à tout pour se conformer à une société qui rejette la différence. Au fil de sa quête d’identité, Rose va devoir se confronter aux discriminations sexistes et racistes, à l’Histoire qui lui a donné ses racines métissées, et, finalement, à elle-même.

Un livre sur le racisme

Vous l’auriez peut-être deviné grâce à la quatrième de couverture, c’est avant tout d’un livre sur le racisme sous le spectre du cheveu. C’est un roman avec une histoire qui fait preuve de pédagogie. Il y a de nombreuses planches explicatives, déjà sur le cheveux, mais aussi sur le féminisme, comme la taxe rose ou les soins que portent les femmes, d’autant plus les femmes racisées, sur les cheveux. Les coûts invisibles, la taxe rose, ce que la société impose à nos sœurs. Vous saviez que les femmes noires dépensent trois fois plus que les autres femmes ? Je l’ignorais et je trouve ça scandaleux.

Un livre sur l’identité

C’est aussi un livre sur l’identité. Sur les origines, la réappropriation de celles-ci, toujours avec un cheveu enroulé autour des doigts. C’est un livre sur la représentation de cheveux différents mais néanmoins magnifiques, de représentations que ma génération n’a pas vraiment eu. Aujourd’hui, les enfants et ados peuvent se reconnaître à la télévision, dans les dessins animés. Il reste cependant, encore et toujours, du chemin à parcourir.

C’est un livre magnifique, à mettre entre toutes les mains, petites ou grandes. C’est un livre nécessaire, pour moi, pour vous, pour tout·e·s les petits et petites qui sont dans ma vie, dans la vôtre.

Pour Eden et Akheti et tant d’autres, même pour Blanche, qui devra, elle aussi, apprendre à respecter d’autres chevelures que la nôtre.

Merci, Lou, d’avoir écrit et dessiné un tel livre.

#racisme #roman graphique

Répondre à ce billet par e-mail ↪